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Jeudi 7 août 2008
Sociologie du sport de Pascal Duret.

"Performances, concurences, compétitions, jeux, tout semble aller de soi dans l'univers sportif et pourtant...."


L'auteur analyse le sport comme objet carrefour de plusieurs tendances sociologiques. Il organise son ouvrage sur la notion de "le" sport entité unique inexistante en chapitrant les différentes sortes de consommation du produit sport.

Pratiques sportives, spectacles, intégration sociale par le sport, sport de haut niveau, sport extrêmes : la sociologie s'est emparé de cet objet aux facettes multiples qu'est le sport et Pascal Duret nous livre la synthèse des recherches les plus récentes dans ce domaine.

 


La célébration positive du sport selon l'auteur et vou

  • Fonction hygiénique d'entretien du corps (Capital santé)
  • Fonction politique de fabrique de symbole nationaux (héros)
  • Fonction médiatique de spectacle comme édification morale
  • Fonction d'intégration et de d'accélérateur de sociabilité plus fraternelle
  • Fonction éductive de respect de l'autre et de solidarité
  • Fonction contre-culturelle de création d'un monde à part transgressif
  • Fonction de production de biens et de services

Le sport selon Sarkozy dit fonctionalisme négatif
  • Fonction disciplinaire d'apprentissage de la contraintes corporelles
  • Fonction politique de production de nationalimes exarcerbés (compétition comme "peste émotionnelle")
  • Fonction médiatique de diversion ("opium du peuple")
  • Fontion d'exclusion et d'entretien des formes de racisme et de discrimination
  • Fonction d'inculcation des valeurs guerrières et violentes du "pret à tout pour gagner"
  • Fonction de consommation d'illusions libertaires récupérées par des interêts marchands (publicité omniprésente)
  • Fonction d'adhésion accrue à la société de consommation (Derniers matériels)

Une spéciale dédicace à tout ceux qui font du sport dans leur canapé.

Le sport s'identifie aujourd'hui complètement au système capitaliste dont il constitue l'un des piliers. Transformation du corps, esprit guerrier, conditionnement des esprits, exacerbation du nationalisme, autant d'éléments qui appellent une critique radicale du sport actuel.


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Voilà, en ce premier jour des JO, gardez à l'esprit tout ceci. Les JO sont un spectacle. Comme tout spectacle, il a un message à faire passer. Regardez bien lequel.
par Aka publié dans : Livres communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Samedi 12 juillet 2008
On ne se refait pas. Les JO sont encore l'occasion pour notre confrérie de 68 de nous jouer leur comédie tragique.

On les entend de plus en plus souvent. Contestés et sentant un début de mise à l'écart, ils veulent refermer les portes de la pensée. Mais, ce n'est plus possible car le rêve des vrais 68tards est arrivé et les a dépassé. L'information transversale sans porte-parole castrateur. Internet nous permet donc de leur cracher à la figure.

Ce que je vais faire ici.

Cohn-Bendit arborant le T-shirt reporters sans frontières pour une révolte de caméra. Pourquoi ?

Je vais emettre cette hypothèse. Pour moi, l'anniversaire de mai 68, les 40 ans, n'ont pas suffit à le ressortir du placard. Celà fait des années qu'il attend de revenir à la une à la faveur d'une révolte populaire. Malheureusement, cet anniversaire a plutôt fait ressortir leur rôle misérable de petits bourgeois dans une trahison de 40 années. Leur reniemment est par trop connu. Et la lutte au nom de ce mensonge a fait flop.

C'était sa dernière chance et il l'a laissé passer. D'ou sa colère de s'etre fait affublé de Finkelkraut dans les émissions de nostalgie de sa gloire. Pour Dany, on ne se lève pas.  Sa chance s'est transformée en réunion de gateux genre les vieux du muppet show. Un échec merdiatique et personnel. Les carottes ont été trés cuites.
 
Mais que faire maintenant ? Doit-il telle une vieille gloire du rock déchue, se suicider en s'étouffant dans son vomis où faire sauter son avion, chute au combien flamboyante qui serait un bon pardon pour son oeuvre ?

Non, car il n'a pas encore accomplit son chemin. Et oh combien lui tient à coeur son chemin personnel. Il lui restait cette dernière marche. Son ami Kouchner, lui n'a pas hésité à tomber le masque. A leur age, on sent la fin. Alors, c'est champions de l'opportunisme politique font ce qu'ils savent le mieux faire. Parvenir à leur fin par tout les moyens. Mais pour Dany et Béber, il faut malgrès tout par habitude bien clamer qu'ils sont de gauche pour la masse naive, alors pour l'un il le dit faute de vrai paravent, pour l'autre c'est RSF, le mensonge US. On ne sait jamais dans 4 ans, il y aura peut-etre des places à la LCR.

Le petit Dany achève enfin la longue reptation qu'il a entrepris dés 1968. Il va rouler avec Sarko. Cette poignée de main est un vrai évènement. La fin d'un long voyage de 40 ans.

Et Sarkozy lui a surement dit : "Bon retour chez toi, Dany"

J'ai 36 ans et je ne suis pas de 68. Moi, mes références, c'est la révolution, une vraie guerre d'élimination des classes. Je ne suis pas pour la lutte des classes mais pour les abattre définitivement. Alors, le front populaire et la révolte de 68, c'est bien mais pas solide. La preuve 100 ans et on revient au départ . 1789, c'est toujours d'actualité.
Le "Dany", c'est pour me moquer des nostalgiques de 68 qui n'arrivent pas à abattre leur idole, souvenir de leur jeunesse perdue.

Bon, vous voulez comprendre les renégats de 68, voici ce qu'il faut lire :

Lettre ouverte à ceux qui sont passés du col mao au rotary

Avant de mourir, à 41 ans, Guy Hocquenghem a tiré un coup de pistolet dans la messe des reniements. Il fut un des premiers à nous signifier que, derrière la reptation des « repentis » socialistes et gauchistes vers le sommet de la pyramide, il n’y avait pas méprise, mais accomplissement, qu’un exercice prolongé du pouvoir les avait révélés davantage qu’il les avait trahis. On sait désormais de quel prix – chômage, restructurations sauvages, argent fou, dithyrambe des patrons – fut payé un parcours que Serge July résuma un jour en trois mots : « Tout m’a profité. »

Cet ouvrage qui a plus de quinze ans ne porte guère de ride. L’auteur nous parle déjà de Finkielkraut, de BHL, de Cohn-Bendit, de Bruckner. Et déjà, il nous en dit l’essentiel. On ignore ce qu’Hocquenghem aurait écrit d’eux aujourd’hui, on sait cependant que nul ne l’écrira comme lui. Lui qui appartenait à leur très encombrante « génération » – celle des Glucksmann, des Goupil, des Plenel et des Kouchner – se hâtait toutefois de préciser : « Ce mot me répugne d’instinct, bloc coagulé de déceptions et de copinages. » Il aurait souhaité qu’elle fût moins compromise, en bloc, par les cabotinages réactionnaires et moralistes de la petite cohorte qui parasita journaux et « débats ». Il aurait essayé d’empêcher qu’on associât cette « génération »-là aux seuls contestataires qui ouvrirent un plan d’épargne contestation avec l’espoir d’empocher plus tard les dividendes de la récupération.
Renonçant aux apparences de la bienséance, de la suavité bourgeoise propres à ceux qui monopolisent les instruments de la violence sociale, Guy Hocquenghem a usé de la truculence, de la démesure. Il a opposé sa clameur à la torpeur des temps de défaite. Son livre éclaire le volet intellectuel de l’ère des restaurations. Les forces sociales qui la pilotaient il y a vingt ans tiennent encore fermement la barre ; les résistances, bien qu’ascendantes, demeurent éparses et confuses. Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines. Les repentis ont pris de l’âge et la société a vieilli avec eux. L’hédonisme a cédé la place à la peur, le culte de l’« entreprise » à celui de la police. Favorisés par l’appât du gain et par l’exhibitionnisme médiatique, de nouveaux retournements vont survenir. Lire Guy Hocquenghem nous arme pour y répondre avec ceux qui savent désormais où ils mènent.

Serge Halimi

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Samedi 28 juin 2008

John DINGES, Les années Condor, Comment Pinochet et ses alliés ont propagé le terrorisme sur trois continents, Paris, La Découverte/Poche, 2008.

Disponible sur Price Minister

Les années Condor raconte l'histoire secrète des « sales guerres » conduites par les dictatures latino-américaines alliées des États-Unis, au cours des années 1970 et 1980. Pendant plus de dix ans, six gouvernements ont mené de concert des actions clandestines contre leurs opposants, enlevant et assassinant plus de 30 000 personnes. À l'initiative du président chilien Augusto Pinochet, et avec le soutien de la CIA, ils ont mis sur pied une organisation terroriste internationale, le plan Condor, pour liquider les opposants qui s'étaient réfugiés dans d'autres pays latino-américains, en Europe ou aux États-Unis.

 Le journaliste américain John Dinges fait ici le récit de cette histoire effroyable, fruit d'une enquête de plusieurs années, nourrie de nombreux témoignages, de documents secrets américains récemment déclassifiés et des archives des dictatures elles-mêmes. Il révèle l'ampleur de la complicité de Washington dans les crimes de dictateurs pour lesquels les États-Unis étaient le « leader ». D'anciens militants révolutionnaires, des agents secrets et de hauts responsables américains - dont plusieurs s'expriment ici pour la première fois - racontent la terrible bataille entre Condor et ses ennemis.


Après des décennies d'impunité, les organisateurs du plan Condor, de Pinochet lui-même aux généraux argentins, sont aujourd'hui rattrapés par l'histoire et poursuivis par la justice de leur pays.

Ce livre est une grande réussite. C'est une plongée dans les bas-fonds du renseignement des dictatures militaires d'amérique latine. Toute l'histoire commence avec l'élection démocratique du socialiste Allende au Chili. La CIA finance alors le coup d'état de Pinochet qui va mettre au pouvoir une junte militaire de la pire espèce. Au nom de la lutte contre la subversion (appelé aussi terrorisme, communisme etc...donc l'opposition ) avec l'aval de la CIA, Pinochet va conduire sa repression brutale. Plus de 3 000 morts. Et ce en peu de temps. Une véritable tornade de mort.

Mais si ce dictateur arriva rapidement à éliminer ses opposants (y compris démocratiques) dans son pays lui laissant les pleins pouvoirs, il ne pouvait pas passer outre, pour traquer les réfugiés à l'étranger, le droit international.

C'est là, en novembre 1975 qu'une réunion à Santiago va définir le plan condor pour justement s'affranchir du droit international.  Les pays y participant seront Le Chili, l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay

Le colonel Manuel Contreras, Directeur de la police politique, la DINA (Chili), a invité ses homologues d'Argentine, Uruguay, Paraguay, Bolivie et Brésil. Cette "première réunion interaméricaine sur le renseignement national" vise à établir une base de données centralisée, grâce aux ordinateurs et à l'infrastructure de communication fournis par la CIA. Ce réseau de renseignement donnera un avantage décisif aux dictatures dans leur répression.  Cependant, "le cœur du système reposait sur la capacité de chaque service de poster ses agents dans les autres pays, où ils seraient autorisés à mener des missions opérationnelles (Comprendre enlèvement, torture et execution sommaire)".

Une opération Condor a trois phases :
  • Collecte et partage des informations (La torture sera la règle)
  • Eliminiation et capture des opposants dans les pays condor
  • Elimination des opposants dans le reste du monde
L'Équateur et le Pérou rejoindront le plan condor.

Le plan "Condor" se voulait une réponse à la Junte de coordination révolutionnaire (JCR), formée en août 1973 par des organisations d'extrême gauche de quatre pays : l'Armée révolutionnaire du peuple (ERP, Argentine), le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR, Chili), les Tupamaros (Uruguay) et l'Armée de libération nationale (ELN, Bolivie).

Les gouvernements militaires ont pris la JCR tellement au sérieux, explique John Dinges, qu'ils en ont fait la cible première de l'opération « Condor » » mais en amalgamant opposants pacifiques et guérilla. Il faut savoir que la "guérilla chilienne" n'a jamais effectué d'action terroriste dans le pays alors que pinochet avait déjà fait 18 000 prisonniers politiques au moment du putch.

Les victimes emblématiques sont le général Carlos Prat 1ere victime, ex chef des armées du gouvernement Allende, Edgardo Enriquez, dirigeant du MIR détenu le 10 avril avec sa compagne brésilienne, livrés au Chili et disparus à jamais; les Uruguayens exilés comme le sénateur Zelmar Michelini et l'ancien président de la Chambre des députés Hector Gutierrez Ruiz, dont les corps furent retrouvés à Buenos Aires le 20 mai , l'ex-président bolivien Juan José Torres, tué le 1er juin et le diplomate Orlando Letelier, présenté comme le plus probable président du Chili en cas de retour à la démocratie .

En peu d’années,  le Plan Condor va imposer la terreur et la torture dans les six pays qui y participent et aussi dans le reste du monde. La phase 3 du plan condor entrera en action

Le livre de John Dinges apporte de nombreuses lumières et interrogations sur le rôle de la CIA suite à son étude des documents des dictatures. Car les dictateurs ont été imprudents et de nombreux dossiers ont été découvert lors des retours à la démocratie de ces pays. Bill Clinton a également fait déclassifier de nombreux dossiers des relations Etats-Unis Chili de cette période.

Il en ressort que ces dictatures ont été soutenues au plus haut niveau de l'état. Le plus impliqué et celui qui aurait pu stopper la machine de mort est le secrétaire d'état américain, Henry Kissinger. Mais il a lui-même encouragé le  plan condor au nom de la politique de guerre froide. Il a fermé les yeux sur les tortures car les états-unis ont eux-mêmes bien profité des renseignements obtenus des prisonniers politiques.

Le plan Condor va commencer à décliner avec l'assassinat d'Orlando Letelier, opposant politique non violent, à Washington. Ce meurtre spectaculaire dans la forme (Explosion de voiture), sera le focus sur le plan condor qui n'y survivra pas. L'opinion internationale va condamner les dictatures et les gouvernements "démocrates" seront sommés de réagir. Et pourtant Kissinger soutiendra encore le plan condor  jusqu'au moment où une opération d'élimination condor visant un député américain sur le sol américain sera planifiée. Toutefois l'arret du soutient aux dictateurs ne concernera que la phase 3. Seule l'indignation internationale coupera le soutient aux phase 1 et 2 du gouvernement américain.

Qui est Kissinger ?
  • « Le pouvoir est le plus puissant des aphrodisiaques. » (The Guardian - 28 Novembre 1976)
  • « Nous procédons à l'illégal sur le champ, l'anticonstitutionnel prend un petit peu plus de temps. » (New York Times - Octobre 28 1973)
  • « Je ne vois pas pourquoi il faudrait s'arrêter et regarder un pays devenir communiste à cause de l'irresponsabilité de son peuple. » 
Ce sinistre salopard, que l'autre sinistre salopard Attali décrit comme "l’acteur du pouvoir américain, du Chili au Vietnam et l’analyste lucide des rapports de force entre les nations, encore aujourd’hui doté d’une formidable capacité d’analyse, d’une fringale de comprendre, d’une obsession d’influer "  a des milliers (millions) de morts sur la conscience.... Prix Nobel de la paix..... On devrait lui retirer

Le livre de Dinges détaille ces années condors. Il fourmille d'informations glanées dans les dossiers des dictatures. Il est aussi un bon moyen de comprendre cette époque et  le rôle de "l'influence américaine"

Un bilan terrifiant.

Je finirait par cette phrase de John Dinges.

L'assassinat de Letelier est l'exemple même du retopur de baton. Il a été commandité par un proche allié, un dictateur que les états-unis ont contribué à porter au pouvoir, à maintenir en place et à défendre. Il a été préparé un chef du renseignement qui a emargé à la CIA, executé par la DINA, un service ami secret formé et entrainé par la CIA. La CIA a concurru à apporter le terrorisme sur le sol américain.


En 2001, ils le referont
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Dimanche 15 juin 2008

Voici une petite critique de son livre parue sur backshich.info


Rien de plus à rajouter sur ce député UMP.


Sonnez tambours et trompettes ! Voici venir sur son fier destrier, le chevalier au cœur pur et à la langue bien pendue, le ci-devant Manuel Valls. Il en a marre, chevalier Manu. Il veut faire péter le système. « Tout détruire, tout remettre en cause ! », clame-t-il dans un manuscrit publié ces jours-ci. Quoi donc, ce capitalisme inique qu’en véritable homme de gauche de noble tradition il pourfendrait, à la manière d’un Robin des bois banlieusard ? Prendre aux riches pour donner aux pauvres ? Le grand soir d’Evry, dont il est l’élu ? Non non, vous n’y êtes pas. Son cheval de bataille, c’est « d’en finir avec le vieux socialisme, et être enfin de gauche ! ». Ah bon.

Mais, chevalier Manu, être « enfin de gauche », ça veut dire quoi ? C’est simple : « A défaut de changer le monde, le rendre simplement vivable ». La révolte, d’accord, mais « avec du recul. Je suis maire, député, père de famille. Bien sûr, ça vous patine ». Ne manquent au tableau que le labrador, le Scénic et le crédit sur 40 ans pour appréhender le degré de révolte de Manuel Valls. En fait, le système que chevalier Manu veut faire péter porte un nom, c’est le Parti socialiste : « C’est daté, le socialisme a été une merveilleuse idée, une splendide utopie, mais inventée contre le capitalisme du XIXè siècle ! ». Périmé. Aux oubliettes, tout ça… Utopie… Fadaises… Billevesées !

Dès les premières pages, on sent poindre le dilemme du preux chevalier, qui, à force de tournoyer l’écu au bras et la pique en main, semble avoir du mal à dire son amour courtois de la gauche. « La gauche, on l’aime. » Qui, on ? Le chevalier Valls a décidément beaucoup de mal à jouer les troubadours de l’amour de la gauche en usant du « je ». « La gauche et moi, c’est à la vie à la mort ». Faudra choisir. D’ailleurs, « Être de gauche, c’est difficile ». Ça a l’air, effectivement.

Les idées ? Le Chevalier Manu en a plein. Tout un arsenal de fers à mettre au feu. Les OGM ? « Arrêtons d’être antiprogrès, arrêtons de diaboliser Monsanto ». Le mouvement étudiant ? « Il faisait fausse route, il faut augmenter les droits d’inscription ». L’immigration ? « Les quotas par profession ne m’indignent pas ». Les retraites ? « Il faut allonger la durée de cotisation à 41, voire 42 années ». Fermez le ban. En tout, 197 pages de Valls-hésitation, d’une droite bisounours qui ferait des papouilles aux expulsés avant de les embarquer dans le charter, bref 197 pages d’une gauche à lire en diagonale : de gauche à droite.

Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche ! Entretiens avec Claude Askolovitch, Robert Laffont, avril 2008.

par Aka publié dans : Livres communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Vendredi 13 juin 2008
Critique d'un livre trouvé sur Man@g'R

Je ne l'ai pas lu mais j'ai l'impression qu'il me plairait.






Qu'est-ce qu'un « petit chef » ?

Dans son livre « Quand le petits chefs deviendront grands », Maurice Thévenet donne une définition particulière et attribue le nom de « petits chefs » aux « managers de proximité » (les contremaîtres). Après avoir travaillé avec de très nombreux contremaîtres, du chef d'équipe au chef d'atelier, je ne partage pas cette généralisation et je préfère ne garder cette appellation que pour une certaine caricature du rôle de chef qu'on rencontre aussi bien chez le plus petit chef d'équipe que chez le cadre supérieur, chef d'un service important.
Ceci étant précisé avançons dans la définition du « petit chef ».

On attribue au « petit chef » tous les défauts du monde de l'entreprise :
•  tatillon : il demande des comptes en permanence et veut tout vérifier
•  pointilleux : il contrôle les heures d'arrivée, de départ, de pause.
•  autoritaire : il impose sans expliquer et n'accepte pas la discussion
•  omniprésent : il est partout à la fois, surtout là où on ne l'attend pas
•  perfide : il n'hésite pas à monter les gens les uns contre les autres
•  résistant au changement : il refuse toute évolution de l'organisation
•  violent : il n'hésite pas à insulter ses subordonnés
•  injuste : il a ses « têtes de turc » et ses « fayots »
•  mesquin : il reproche une minute de retard à l'employé modèle qui n'est jamais absent
•  insensible : il refuse un congé pour un enfant malade
•  incapable d'écouter : il est dans son monde et pense que lui seul a la vérité
•  s'attribue les idées de son équipe : si vous lui faites une suggestion, il refuse de vous écouter, mais si l'idée est bonne, il la reprend à son compte un peu plus tard
•  irrespectueux voire impoli : il ne vous dit pas « bonjour » le matin, ne dit jamais « s'il vous plait », ni « merci » et parle à son personnel comme à du bétail
•  accroché à son poste : il a peur en permanence qu'on lui prenne sa place si chèrement acquise
•  fier : il a réussi.
•  met l'accent sur son rôle de contrôle plus que sur son rôle d'animateur
•  etc.

Pour Maurice Thévenet, le « petit chef » se caractérise par :
•  sa mission : contrôler des tâches, des résultats
•  son caractère : tatillon et autoritaire
•  ses compétences : pas de maîtrise des techniques de management, se positionne toujours du côté des tâches, peu ou pas de démarche de relations humaines, position défensive face à sa situation chèrement acquise,

Par ailleurs, Maurice Thévenet oppose le « petit chef » au manager qui gère une équipe, qui est un leader, qui a des compétences en management des hommes, et qui présente une image de dynamisme.
Ainsi, le syndrome du « petit  chef » est une déviance du rôle de manager qui se caractérise par une focalisation sur le contrôle des tâches et l'ignorance de tout l'aspect relationnel et humain de la fonction. Alors que comme le souligne très bien Maurice Thévenet, l'essentiel de la fonction d'encadrement est relationnelle et humaine.
En général, le « petit chef » est devenu responsable d'une équipe ou d'un service parce qu'il était le plus compétent techniquement. N'ayant pas été formé à sa nouvelle fonction et à ses nombreuses facettes, il s'est limité à ce qu'il connaissait : les tâches qu'il avait lui-même réalisées pendant de nombreuses années. Il adapte son attitude pour rendre ce contrôle le plus efficace possible : tatillon, autoritaire, injuste, etc., bref il peut avoir tous les défauts énoncés ci-dessus. Et c'est ce que les entreprises attendaient et continuent d'attendre (pour encore une grande part) de lui. S'il n'a aucune compétence relationnelle ou un charisme de leader « inné », il devient un véritable « petit chef » avec tous ses travers.

Il ne faut pas confondre cette attitude avec le harcèlement moral, même si un « petit chef » peut dévier jusqu'à harceler un de ses subordonnés.
Le harcèlement moral est précisément une perversion qui tend à détruire une personne par une pression morale insupportable. Il peut être réalisé par un individu (supérieur ou collègue) ou par un groupe de personnes (on l'appelle mobing dans ce cas). L'objectif peut être de forcer une personne à donner sa démission. Mais il peut très bien n'y avoir pas de raison apparente et c'est là la véritable perversion. ou la maladie mentale.
Origine du petit chef

On retrouve cette notion très tôt dans le monde militaire où la nécessité de la discipline pouvait facilement glisser sur l'arbitraire. Le « chef » était celui qui savait entraîner ses hommes par son exemple et son courage. Le « petit chef » était celui qui était plus gradé que les autres et qui « motivait » plus par la contrainte que par l'exemple.
Dans les corporations de l'ancien régime, il y avait des maîtres et des ouvriers. Les maîtres étaient expérimentés et avaient la compétence. Et les relations avec leurs ouvriers étaient régulées par la charte de la corporation. Cette notion de « petit chef » n'existait pas : elle n'avait pas lieu d'être, le pur contrôleur n'existant pas.
Après la disparition des corporations à la fin du 18 ème siècle, (au moins dans notre pays), chaque chef d'entreprise créait lui-même son propre règlement intérieur et assurait la discipline. J. Bentham fait la théorie de la surveillance dans son « Panoptique » publié en Angleterre en 1791 et traduit aussitôt en France.
La complexité croissante des firmes et la division du travail ont amené la création d'une nouvelle catégorie d'employés : les contremaîtres que l'on voit apparaître vers 1830. Leur rôle est d'organiser le travail et de faire régner la discipline. Ils doivent être de bons techniciens ou de bons administrateurs, mais ils doivent surtout être dignes de confiance. (Cf. B. Girard : Histoire des théories du management).
Alors que le contremaître avait une fonction pluridisciplinaire (surveillance des machines, conception des modèles, entretien des machines, formation des ouvriers, fabrication de machines, perfectionnement des procédés, etc.) Taylor découpera ces tâches entre différents services et finalement, le contremaître ne fera que surveiller les ouvriers qui pour lui sont plus enclins à la paresse qu'au travail.
Cette classe de « contrôleurs » est devenue la maîtrise que l'on connaît encore de nos jours.
Cependant, avec l'évolution des organisations et le raz-de-marée du « Management Participatif », une grande partie de la maîtrise a disparu, remplacée par des « animateurs » (ce sont parfois les mêmes qui ont changé de casquette). Ceci est vrai surtout pour les grandes entreprises. Dans les moyennes et petites entreprises, il se trouve encore des contremaîtres à qui leur hiérarchie donne ce rôle exclusif de contrôle.
Comme nous l'avons vu précédemment, c'est l'accent mis exclusivement sur cette fonction de contrôle qui est à l'origine des « petits chefs ».
Qui est touché par ce syndrome ?

Tout les managers, du chef d'équipe au PDG sont touchés à un moment où à un autre de leur carrière par ce syndrome. L'important est de le savoir, de le détecter suffisamment tôt pour en limiter les conséquences.
•  Les jeunes managers.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les cas les plus courants se rencontrent chez les jeunes managers : c'est quand un jeune prend son premier poste d'encadrement qu'il y a le plus de risques surtout quand ce jeune n'a pas été formé à son rôle d'encadrement, ce qui est souvent le cas. Les études supérieures ne préparent pas du tout à ce rôle et même s'il y a des cours de management dans les écoles d'ingénieur, la véritable manière de mener les hommes ne s'apprend que sur le terrain. Il n'y a rien de pire que le jeune sortant d'école et pensant tout connaître sous prétexte qu'il aura eu quelques heures de cours sur le sujet. J'en ai connu plus d'un. Mais ils se sont rapidement cassés les dents sur la réalité et ont pu ensuite revenir à une attitude plus humble.
•  Les contremaîtres

C'est dans cette catégorie qu'il se rencontrait le plus de « petits chefs ». C'étaient de très bons ouvriers, nommés contremaîtres car ils étaient bien vus par leur patron. Mais ils n'avaient pas de formation ni de compétence en management.
•  Les cadres supérieurs et les dirigeants

Les « petits chefs » peuvent se cacher partout, même dans les directions générales. Et c'est toujours le même processus : celui qui arrive à un poste d'encadrement sans y avoir été formé, préparé et accompagné a une forte probabilité d'avoir un comportement « petit chef ».
Comment devient-on petit chef ?

Le cas le plus classique est le bon professionnel nommé à un poste d'encadrement sans formation ni accompagnement. Cette personne se contentera de reproduire les attitudes qu'elle a vu appliquées par ses propres chefs, en se persuadant qu'elle fera quand même mieux. Souvent, le résultat est pire.

Un autre cas courant est le chef victime du syndrome de Peter : il occupe son poste depuis quelques années, mais les évolutions d'organisation font que le niveau de responsabilité s'est accru et dépasse son niveau maximum de compétence. Alors qu'il a une expérience d'encadrement, il ne maîtrise plus la complexité de sa nouvelle fonction : gestion, relations clients, niveau technique pointu, équipe plus importante ou avec des caractères difficiles, etc. Il s'accroche donc à ce qu'il peut : le contrôle des tâches. ou des horaires à défaut de pouvoir évaluer les résultats réels.

L'ambiance et la culture d'entreprise peuvent également favoriser les comportements « petits chefs » :
•  quand on recherche des coupables plutôt que des solutions ;
•  quand on sanctionne systématiquement au lieu de former ;
•  quand les chefs de service ne sont jugés que sur les volumes de production ou de vente et que la course au chiffre est le seul objectif ;
•  quand les tableaux de bord officiels n'incluent que des volumes de production, de vente ou des résultats financiers ;
•  quand il y a une antinomie entre ce qui est écrit dans la charte de l'entreprise et ce qui est vécu concrètement ;
•  quand on s'intéresse plus au temps de travail qu'à l'efficacité et à la valeur ajoutée de ce travail.

Certains moments tendus de la vie de l'entreprise favorisent également cette tendance : quand une entreprise est en difficultés, ses managers sont sur le dos des salariés pour les faire travailler au maximum et tout est prétexte à « serrer la vis ».
Quels remèdes ?
•  Un des vos collaborateurs se comporte comme un petit chef.

Si un de vos collaborateurs est touché par ce syndrome, il faut réagir, car tout d'abord votre personnel ne vient pas travailler pour se faire embêter par le premier « petit chef » venu et ensuite la performance de l'équipe risque de se dégrader rapidement.

Il y a plusieurs solutions :

-  Le coup de massue : utilisable pour les jeunes managers qui ne se rendent pas compte de leur attitude : dans un entretien un peu solennel (qui peut être l'entretien de bilan après quelques mois de prise de poste), vous leur dites leurs « 4 vérités » sans prendre de gants, en étant direct et factuel. Vous leur faites toucher du doigt les conséquences de leur attitude. C'est en général un bon remède. Il faudra vraisemblablement accompagner par des formations en management.

-  La formation , si le cas n'est pas trop grave : à faire pour des managers ayant besoin d'être recadrés.

-  Le coaching , si le cas est grave mais non désespéré : à faire pour des managers confirmés ayant toujours vu fonctionner et ayant eux-même fonctionné comme des « petits chefs ». Vous devrez être patient, car l'évolution des adultes est très lente voire impossible. En attendant, vous pourrez fixer une règle du jeu : une charte des bonnes relations individuelles peut permettre à tout le monde de savoir où se situe la ligne rouge à ne pas dépasser.

-  La mutation  : vous pouvez muter ce collaborateur à un poste où il aura moins (ou plus du tout) de personnes à encadrer. Cette solution est une bonne solution au syndrome de Peter et est intéressante si ce collaborateur possède par ailleurs une compétence essentielle pour votre entreprise.

-  La séparation  : il peut arriver que le cas soit si grave qu'il n'y a pas d'autre solution que de se séparer du « petit chef », surtout quand celui-ci en arrive à harceler moralement un de ses subordonnés.

 
•  Vous êtes victime d'un petit chef.

Il y a également plusieurs solutions :

-  Vous pouvez en parler avec sa hiérarchie qui prendra les mesures adéquates. Mais c'est un cas rare, car la hiérarchie a souvent nommé la personne concernée et se sent impliquée. Elle accepte donc mal d'être remise en cause. C'est donc une solution risquée et ne la mettez en ouvre que si vous êtes sûr de la réaction de cette hiérarchie.

-  Vous démissionnez si c'est trop insupportable. Il vaut mieux partir que d'user sa santé et son mental face à ce type d'individu.

-  Si vous ne souhaitez pas partir, mais faire votre travail tranquillement, vous pouvez « jouer » des défauts de votre « petit chef » : « tout flatteur vit au dépend de celui qui l'écoute ». Un « petit chef » recherche souvent de la reconnaissance : flattez-le et reconnaissez-le comme votre chef (même si vous n'en pensez pas moins) il vous sera reconnaissant à son tour et vous laissera en paix. Mais attention, il ne faut pas que vous apparaissiez comme un danger pour lui. Ne cherchez pas à prendre sa place : il deviendrait terrible. Sachez user de l'humour au cas où il vous agresse : il sera désarçonné.

Par contre , il y a des actions à ne surtout jamais faire :
-  N'en parlez jamais directement avec cette personne : elle ne l'acceptera pas et vous en voudra à mort.
-   Ne vous heurtez pas de front avec votre « petit » chef. Il risque d'aimer ça (il sera conforté dans son attitude) et en cas d'agression physique, c'est vous qui aurez tort.
•  Mais d'abord définissez votre objectif.

Avant de mettre en ouvre une solution, vous devez d'abord décider de votre objectif. La plupart des situations difficiles viennent du fait qu'une décision n'avait pas été prise à temps faute d'objectif clairement défini.
Prenons l'exemple d'un de vos collaborateurs qui se comporte comme un petit chef avec ses subordonnés. Vous devez analyser la situation et ensuite décider de l'issue : formation, coup de massue, licenciement, mutation. Vous n'avez pas d'autres solutions que ces 4, mais vous pouvez les combiner : formation et si ça ne marche pas mutation.
Ce qu'il faut retenir

- Le syndrome du « petit chef » est une des maladies du management. Sous ses formes bénignes, il est facilement guérissable et plus il est pris à temps, meilleur c'est.
- Mais sous ses formes graves, elles peuvent vous amener à vous séparer d'un de vos collaborateurs.
- Si vous êtes vous même victime d'un « petit chef », vous pouvez soit fuir cette situation, soit faire le « mort », soit essayer d'en parler avec sa hiérarchie.
par Aka publié dans : Livres communauté : Pour la démission de Sarkozy
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